L’ONCTION DES MALADES

Texte extrait de : Enseignement de la foi chrétienne orthodoxe (Catéchisme orthodoxe), Bucarest 1952, rééd. Iași, 1996

L’Onction des malades est un Sacrement qui, par les prières des prêtres et par l’onction du corps avec de l’huile bénite, communique au croyant la grâce divine pour la guérison des maladies corporelles et spirituelles, pour le pardon des péchés et pour le renforcement de l’âme.

Quand ce Sacrement a-t-il été institué ?

Ce Sacrement a été institué par le Sauveur Lui-même, lorsqu’Il envoya les Saintes Apôtres prêcher en leur disant : « Ceux qui croiront auront ces signes : en Mon nom, ils chasseront les démons… ils imposeront les mains aux malades, et ils seront guéris » (Marc 16, 17-18). Les Apôtres ont pratiqué l’Onction des malades dès leur première prédication : « Ils chassaient beaucoup de démons et ils oignaient d’huile beaucoup de malades, et ils les guérissaient » (Marc 6, 13). Cette pratique est devenue une règle, comme le témoigne les paroles de Saint Jacques : « Quelqu’un est-il malade parmi vous ? Qu’il appelle les prêtres de l’Église et qu’ils prient pour lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera ; et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés » (Jacques 5, 14-15). La tradition de l’Église atteste longtemps cette pratique. Saint Jean Chrysostome en parle longuement dans son œuvre “Sur le sacerdoce” (Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce, 3, 6, Migne, P.G., XLVIII, col. 646).

Où se fait la cérémonie de l’Onction des malades ?

Elle se fait dans l’église ou dans la maison du malade pour lequel l’Onction des malades est administrée.

Qui peut accomplir le Sacrement de l’Onction des malades ?

Selon la tradition ancienne de l’Église, il faut sept prêtres pour célébrer ce Sacrement, en symbolisant les sept dons du Saint-Esprit, comme le prophète Isaïe les énumère (Isaïe 11, 2-3). Ce nombre symbolique rappelle également certains événements de l’Ancien Testament, dans lesquels se manifeste la miséricorde et la clémence de Dieu. Ainsi, le prophète Élisée s’inclina sept fois sur un enfant mort, qu’il ressuscita (4 Rois 4, 34-35). De même, sept prêtres ont sonné de la trompette et sept fois ils ont entouré la ville de Jéricho, qui fut conquise par les Israélites à leur entrée dans la Terre Promise (Josué 6, 13-16). Et encore, sept fois le prophète Élie pria sur le mont Carmel, jusqu’à ce que Dieu envoie la pluie pour la terre desséchée par la sécheresse (1 Rois 18, 42-45).

Cependant, en cas de besoin, l’Onction des malades peut être célébrée par un nombre moindre de prêtres : trois (symbolisant la Trinité) ou au moins deux. En tout cas, un seul prêtre ne peut pas accomplir l’Onction des malades, car Saint Paul nous dit de convoquer « les prêtres de l’Église » (Jacques 5, 14), et non un seul prêtre.

Quand peut-on faire l’Onction des malades ?

Il n’y a pas de jours ou de moments précis pour accomplir le Sacrement de l’Onction des malades. Il se fait chaque fois qu’il y en a besoin. Dans le peuple, il est coutume de le faire particulièrement pendant les périodes de jeûne.

Durant la Semaine de la Passion, l’Onction des malades se fait le mercredi, le jeudi et le vendredi, mais surtout le Mercredi Saint, avant les Heures, en souvenir de l’Onction du Sauveur par la pécheresse (Luc 7, 37-38). À ce moment-là, l’Onction des malades est célébrée dans les églises pour un grand nombre de malades, avec une assemblée de plusieurs prêtres. Le malade pour qui l’Onction des malades est accomplie doit d’abord se confesser afin de recevoir, par ce Sacrement, la purification de l’âme, c’est-à-dire le pardon des péchés, et la guérison du corps de la maladie.

Peut-on faire l’Onction des malades pour des personnes en bonne santé ?

Puisque, par le Sacrement de l’Onction des malades, on obtient non seulement la guérison des maladies corporelles, mais aussi le pardon des péchés, on peut administrer ce Sacrement non seulement aux malades, mais aussi aux personnes en bonne santé et pas seulement une fois, mais plusieurs fois. Saint Siméon de Thessalonique encourage chaque chrétien à chercher à recevoir l’Onction des malades.

De quoi avons-nous besoin pour célébrer l’Onction des malades ?

L’Onction des malades se fait devant une table sur laquelle sont placées la Sainte Évangile, des bougies (généralement sept), un récipient de blé ou de farine, ainsi qu’un autre contenant d’huile d’olive, et sept bâtons de basilic enroulés de coton, avec lesquels les prêtres oindront le malade.

Quelles sont les parties les plus importantes de la cérémonie de l’Onction des malades ?

Tout d’abord, la prière pour la sanctification de l’huile d’olive, que les prêtres prononcent tour à tour jusqu’à ce qu’elle soit récité sept fois. Deuxièmement, les sept épîtres et Évangiles, suivis de trois litanies et d’une prière pour la sanctification de l’huile et pour la guérison du malade. Troisièmement, l’onction du malade sept fois avec l’huile bénite, chaque fois en prononçant la prière : « Saint Père, Docteur des âmes et des corps… guéris ton serviteur (nom) de la maladie physique et spirituelle qui l’afflige… » et ainsi de suite, comme cela est écrit dans le Molitfelnic (livre de prières).

Que devons-nous savoir sur l’huile utilisée lors de l’Onction des malades ?

Étant bénie par les prêtres avec l’invocation de Dieu, cette huile est sanctifiée et pleine du don divin du Saint-Esprit, tout comme l’eau du Baptême. Elle a le pouvoir de sanctifier l’âme et de guérir le corps, de chasser les maladies, de guérir les blessures, de purifier la souillure du péché et de dispenser la miséricorde et la clémence de Dieu.

C’est pourquoi l’huile restante de l’Onction des malades, tout comme la farine bénie à ce moment-là, doit être conservée avec respect dans un lieu choisi. Elle peut être utilisée uniquement à des fins pures et pieuses. Il est habituel de faire une petite galette avec la farine et l’huile de l’Onction des malades, que l’on donne au malade pour qu’il la mange. Dans certaines régions, avec cette farine, on prépare des oblations pour la Liturgie. L’huile peut aussi être mise dans une lampe pour brûler, soit à la maison, soit à l’église.


[1]    Saint Siméon de Thessalonique, Sur l’Onction des malades, chapitre 283, p. 183-184.

[2]    Comme prescrit dans le Molitfelnic et par Siméon de Thessalonique, loc. cit.

[3]    Molitfelnic, Introduction au début du service de l’Onction des malades (édition 1984, p. 04).

[4]    Sur l’Onction des malades, chapitre 291, p. 188.