Extrait de : Învățătură de credință creștină ortodoxă (Catehism ortodox), Bucarest 1952, reed. Iași, 1996
Le mariage est le Saint Sacrement par lequel, suite à la promesse du mari et de la femme, faite librement devant le prêtre, de vivre ensemble dans l’amour toute leur vie, pour procréer et élever des enfants et s’entraider mutuellement, leur est communiquée la grâce divine qui fortifie et élève leur union naturelle, la transformant en un lien moral pur et parfait, une unité semblable à celle entre le Christ et l’Église.
Quelle est la différence entre le mariage civil et le mariage chrétien ?
Le mariage civil est une union à vie entre un homme et une femme, par consentement libre dans les conditions de la loi, c’est-à-dire fondée sur un contrat, mais partant de l’affection réciproque. Le mariage chrétien, qui suppose d’abord le mariage civil comme fondement naturel, est une union sainte, réalisée avec la bénédiction de Dieu dans l’Église par un sacrement, le Sacrement du Mariage ou de la Cérémonie Nuptiale, qui sanctifie l’amour et le lien des époux. Dès le début, lorsque le Créateur a fait l’homme, le mariage apparaît comme un fondement naturel, lié à la nature même de l’homme, mais d’origine divine, institué par les paroles : « Et Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul, faisons-lui une aide semblable à lui » (Gen. 2, 18).
Ensuite, Il bénit l’union de l’homme et de la femme, disant : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gen. 1, 28). Mais cette union, tombée en péché, est restaurée et élevée par le Sauveur, qui la transforme en un sacrement. Ainsi, Il participe au mariage de Cana, qu’Il sanctifie par Sa présence et par le miracle de la transformation de l’eau en vin (Jean 2, 1-11). L’Apôtre Paul présente le mariage comme un sacrement, semblable à l’union sainte entre le Christ et l’Église : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’unira à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je le dis en Christ et en l’Église » (Éph. 5, 31-32).
Où doit avoir lieu la cérémonie du mariage ?
La cérémonie du mariage doit se tenir à l’église, car le mariage est l’un des sept sacrements, et l’église est le lieu sacré où sont célébrés les autres sacrements, et c’est là que l’Église, au sens de la communauté des croyants, se réunit pour participer avec nous à l’un des moments les plus joyeux de notre vie, tout comme elle participe à nos épreuves et à nos douleurs. Ainsi, la célébration du mariage à la maison est permise seulement dans des cas exceptionnels et pour des raisons sérieuses, avec l’accord de l’évêque, qui décide au cas par cas.
Quand a lieu le mariage ?
Le mariage étant un moment de joie et de fête, il se célèbre lors des jours de fête, immédiatement après la liturgie, lorsque tous les croyants sont présents à l’église.
Quand ne peut-on pas célébrer de mariages ?
Conformément au neuvième commandement de l’Église, il n’est pas permis de célébrer un mariage pendant les périodes suivantes de l’année :
a) Pendant les quatre périodes de jeûne de l’année, car les festivités et banquets qui accompagnent généralement les mariages ne sont pas compatibles avec la pénitence et la maîtrise de soi imposées par le jeûne. Une exception est faite pour les fiançailles, qui peuvent se tenir en jour de l’Annonciation (si elle ne tombe pas pendant la Semaine Sainte) et le Dimanche des Rameaux.
b) Pendant la Semaine du Fromage (ou Semaine Blanche), qui est considérée comme un temps de préparation pour le jeûne.
c) Pendant la Semaine Lumineuse (entre le Dimanche de Pâques et le Dimanche de Thomas), le Dimanche de la Pentecôte, la période entre Noël et l’Épiphanie, ainsi que la veille de toutes les grandes fêtes impériales, afin que la joie des mariages ne ternisse ni n’éclipse la joie spirituelle des plus grandes fêtes chrétiennes.
Qu’est-ce que la fiançailles et quelle est son ordonnance ?
Les fiançailles (mot slave signifiant “promesse de mariage”) sont le préalable au mariage de deux jeunes gens qui se sont engagés l’un envers l’autre. L’Église bénit cette ancienne tradition par une courte cérémonie qui précède le mariage, souvent célébrée immédiatement avant celui-ci (mais elle peut aussi être réalisée séparément, bien à l’avance).
Les fiançailles bénies par l’Église ont une grande valeur, car elles sont liées au mariage, au Saint Sacrement du Mariage, et ne peuvent être annulées ou rompues comme toute autre entente humaine.
La partie la plus importante de la cérémonie des fiançailles est la mise des anneaux sur les doigts des fiancés par le prêtre, puis leur échange par les parrains.
Quel est le rôle des anneaux de fiançailles ?
Ils sont le symbole de l’amour, de la fidélité et du lien durable que crée le Sacrement du Mariage entre les futurs époux.
La cérémonie des fiançailles et du mariage se déroule dans l’aire principale de l’Église, devant une table où sont posés l’Évangile Saint, les couronnes, la Croix Sainte, les chandeliers avec des bougies, et les anneaux de fiançailles.
Le marié se tient à droite, comme celui qui est le plus grand et la tête de la femme, tandis que la mariée se tient à sa gauche, près de son cœur, comme celle qui est plus petite que l’homme, faite de sa côte et lui devant être soumise et obéissante.
Quel est le rôle des parrains lors du mariage ?
Le rôle et la responsabilité des parrains lors du mariage sont les mêmes que ceux des parrains lors du baptême. Ils sont des témoins et des garants de la solidité des promesses faites par les futurs époux et de la durabilité de leur lien pour toute leur vie. C’est pourquoi ils tiennent les couronnes lorsqu’elles sont placées sur la tête des mariés, ainsi qu’au moment où elles sont enlevées. En règle générale, ce sont les mêmes parrains que ceux du baptême, ou leurs descendants, et ils doivent être orthodoxes et mener une vie chrétienne exemplaire, se comportant avec les mariés comme des parents et des éducateurs. Pendant la cérémonie, les parrains tiennent des bougies allumées, symbole de la pureté des mariés, de la lumière de la grâce divine et de la joie des invités.
Quelle est la partie la plus importante du rituel du mariage ?
Il s’agit de la mise des couronnes : le prêtre fait trois fois le signe de la croix avec les couronnes au-dessus des têtes des mariés, disant à chaque fois, trois fois : « Que le serviteur (servante) de Dieu (nom) se marie avec la servante (servant) de Dieu (nom), au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », puis il place les couronnes sur leur tête, d’abord sur la tête du marié, puis sur celle de la mariée.
Que symbolisent les « couronnes » placées sur la tête des mariés ?
Elles sont faites à la manière des couronnes avec lesquelles étaient couronnés les rois et les empereurs. Elles symbolisent l’honneur, la gloire et la récompense attribuées à la pureté et à la virginité des mariés, pour lesquels ils sont couronnés comme des rois, investis du pouvoir de donner la vie, de procréer des enfants. C’est pourquoi on chante pour eux : « Seigneur, notre Dieu, couronne-les de gloire et d’honneur ! »
Après la mise des couronnes, l’Apôtre (Éph. 5, 20-33) est lu, où l’Apôtre Paul compare le mariage au lien sacré entre le Christ et l’Église, encourageant les époux à s’aimer mutuellement. L’Évangile est ensuite lu, où il est raconté le miracle accompli par le Sauveur au mariage de Cana (Jean 2, 1-11).
Suivent une litanie, après quoi le prêtre bénit la coupe commune, c’est-à-dire un verre de vin que les mariés boivent à tour de rôle, tandis que l’on chante : « Je prendrai la coupe du salut, et je invoquerai le nom du Seigneur » (Ps. 115, 4).
Que signifie cette coupe ?
Cela signifie, d’une part, la joie et la fête du mariage, et d’autre part, l’unité dans la pensée et la mission commune des futurs époux, qu’ils partageront ensemble désormais, ayant part aux mêmes joies et aux mêmes épreuves.
Les mêmes choses sont symbolisées par le morceau de pain que l’on donne aux mariés pour qu’ils en goûtent, ainsi que par le verre de vin partagé.
Après cela, il y a la procession autour de la table, faite trois fois par la suite nuptiale, composée des serviteurs, des mariés et des parrains.
Que signifie la procession autour de la table ?
Cette procession en forme de danse symbolise la joie occasionnée par le mariage. Et puisque le mariage a pour but la procréation d’enfants, l’Église nous ramène à la naissance miraculeuse de l’Enfant Divin né de la Sainte Vierge, une naissance que le prophète Isaïe avait annoncée particulièrement (Is. 7, 14). L’Église invite maintenant Isaïe, par le chant, à danser avec nous, de joie que sa prophétie se soit accomplie : « Isaïe, danse ! La Vierge a conçu… » etc. On chante aussi les autres hymnes de la cérémonie de l’ordination : « Saints Martyrs… » et « Gloire à Toi, Christ Dieu… », ce qui signifie que les mariés doivent devenir participants de Christ et de Ses saints, par la vie pure qu’ils mènent également dans leur mariage.
L’Église permet-elle un deuxième ou un troisième mariage ?
Le deuxième et troisième mariage étaient autrefois considérés par l’Église avec plus de sévérité et étaient permis seulement comme une concession pour la faiblesse de la nature humaine. C’est pourquoi ils étaient accompagnés de certaines pénitences ou canons de pénitence (interdictions de la Sainte Communion). Cependant, aujourd’hui, parce que de tels mariages sont devenus plus fréquents, l’Église est obligée de les permettre et de les bénir, pour ne pas laisser ceux unis par un lien charnel vivre dans le péché sans la bénédiction de Dieu.
La cérémonie du deuxième et troisième mariage est-elle la même que pour le premier ?
Non, elle n’est pas la même. Le deuxième et le troisième mariage se font selon une règle particulière, où l’on voit encore l’ancienne discipline de sévérité avec laquelle l’Église considérait ces mariages. Cette règle est, dans sa première partie, bien plus simple et moins festive que celle du premier mariage. Les fiançailles sont ici réunies avec le mariage comme un seul service, ayant au début une bénédiction non pas comme pour les Sacrements (« Bénie est la royauté du Père… »), mais comme pour des bénédictions et sanctifications, appelées “ierurgies” (« Bénie est notre Dieu… »). Autant l’ecténie que les prières des fiançailles et celles avant la mise des couronnes contiennent des prières de pénitence et de pardon pour les mariés, car leur union par un deuxième ou un troisième mariage est considérée comme un péché né de la tentation charnelle qu’ils n’ont pas su surmonter. À partir de la mise des couronnes sur leur tête, la règle de la cérémonie du deuxième et troisième mariage est identique à celle du premier mariage.
Le quatrième mariage est-il permis ?
Le quatrième mariage est considéré par l’Église comme un péché grave, et c’est pourquoi les prêtres sont interdits de le célébrer, sous peine d’excommunication.
Que doivent savoir et préserver les mariés ?
« Il faut savoir que ceux qui se marient par le sacrement du mariage sont unis par Dieu et sont purs par l’appel du Très-Pur. Qu’ils préservent donc leur union intacte et en paix, qu’ils vivent dans la piété. Ceux qui ont reçu l’union de Dieu, pour honorer et aimer dans la pureté, doivent préserver cette union dans un même esprit et dans la paix, comme un bien précieux, afin qu’il ne leur soit pas demandé de rendre compte de leur pureté et d’autres choses divines. Ils doivent prendre soin non seulement de leur corps, mais surtout de leurs âmes… car ainsi Dieu sera avec eux. Ils élèveront leurs enfants « dans la crainte et l’enseignement du Seigneur », comme l’enseigne le divin Paul (Éph. 6, 4), et de ce qu’ils reçoivent de Dieu, ils feront miséricorde à leurs frères pauvres, afin qu’eux aussi soient dans la miséricorde et qu’ils soient dignes du royaume des cieux, avec leurs enfants. »
Les mariés ne doivent pas oublier que le lien que le Sacrement du mariage établit entre l’homme et la femme est saint et éternel, car il est béni et sanctifié par l’Église, c’est-à-dire fortifié par Dieu lui-même. Comme l’entendons dans l’Apôtre lu lors du mariage, ce lien est comparé par l’apôtre saint Paul au lien saint et mystique entre le Christ et l’Église (Éph. 5, 23 et suivants). Il doit donc rester ferme et stable et ne peut être dissous pour toute discordance passagère ou pour des raisons futiles qui troublent de temps à autre la paix et la tranquillité du foyer. Les contrariétés et épreuves, petites ou grandes, dont personne n’est exempt dans la vie, peuvent parfois assombrir la compréhension et l’harmonie qui doivent régner entre les époux. Mais elles ne sont pas des raisons pour un divorce, c’est-à-dire pour la dissolution du mariage. « Et les deux seront une seule chair… », dit l’apôtre saint Paul au sujet de ceux qui se marient par le Sacrement du mariage (Éph. 5, 31). « Et ce que Dieu a uni, l’homme ne doit pas le séparer… », ajoute l’Église, citant le Sauveur. Seul le péché d’adultère, dont l’un des époux se rendrait coupable, donne à l’autre le droit de rompre le lien du mariage, profané par le péché. Et seule la mort sépare temporairement les époux qui se sont aimés dans cette vie, pour les unir de nouveau, pour l’éternité, dans la vie à venir.
[1] [1] Voir également l’explication du Canon 69 des Saints Apôtres ; Canon 52 du Synode de Laodicée et Saint Siméon de Thessalonique, Réponse à la question 25, trad. fr. p. 318.
[2] Idem.
[3] Saint Siméon de Thessalonique, De la Sainte Noces, chapitre 278, trad. fr., p. 180.
[4] Idem, chapitre 280, trad. fr., p. 181.
[5] Ibidem, chapitre 279, p. 181.
Ibidem, chapitre 276, p. 179.
[7] Ibidem, chapitre 282, p. 182.
[8] Canon 19 de Saint Jean le Posthume ; Canon 2 de Saint Nicéphore le Confesseur ; Règlement de Govora (1640), chapitre 83 ; Saint Siméon de Thessalonique, De la Sainte Noces, chapitre 276, trad. fr. p. 179 et suivants.
[9] Molitfelnic, à la fin de l’Ordre des Noces (éd. 1984, p. 105).
[10] Conseils aux Mariés, de Saint Siméon de Thessalonique, De la Sainte Noces, chapitre 282, trad. fr., p. 183.